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Nuisibles en data centers : protéger l’IT sans interruption

Actualité du 18 décembre 2025

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Pourquoi les nuisibles menacent-ils la continuité de service ?

Les rongeurs recherchent chaleur, abris et eau. En data center, ils trouvent ces conditions près des gaines techniques, faux planchers et zones CVC. Le risque majeur est la détérioration de câbles (cuivre, fibre, isolants) entraînant des pertes de redondance, erreurs intermittentes ou coupures. Les insectes (blattes, fourmis, mouches, lépidoptères) peuvent se loger dans des armoires, perturber des capteurs, encrasser des filtres ou être attirés par certaines lumières. Les oiseaux nidifient sur toitures et prises d’air ; plumes et fientes obstruent des grilles et dégradent le refroidissement.

Au-delà des dégâts matériels, les nuisibles amplifient des scénarios déjà critiques (refroidissement, alimentation). Les cadres de continuité (ISO 22301) et de sécurité de l’information (ISO/IEC 27001) incitent à cartographier ces risques physiques et à documenter des plans de prévention et de réponse précis.

Quelles questions se poser avant d’agir ?

Où se situent les points d’entrée et d’attraction ?

Commencez par un état des lieux rigoureux et itératif. Inspectez passages de câbles, seuils de portes techniques, trémies, bardages, descentes EP, regards, bacs à condensats, zones de stockage et locaux sociaux. Tout défaut d’étanchéité, toute source d’humidité et tout abri sombre et tiède mérite une vérification planifiée.

Quels impacts concrets sur la production IT ?

Cas fréquents : morsures sur câbles cuivre/fibre causant perte de redondance ; obstruction de clapets ou pressostats par des insectes ; grilles d’air neuf partiellement bloquées par des nids ; déclenchements intempestifs de détecteurs en contexte d’infestation.

Les ultrasons suffisent-ils ?

Non. Les répulsifs acoustiques isolés donnent rarement des résultats durables. Une approche IPM (Integrated Pest Management) qui combine exclusion, bonnes pratiques, monitoring et actions ciblées est la plus robuste, en ligne avec les exigences de service de l’EN 16636 et les principes de lutte raisonnée.

Bonnes pratiques IPM adaptées aux data centers

L’objectif est de réduire durablement l’exposition, de limiter les biocides et de préserver la disponibilité 24/7. Les leviers ci-dessous s’articulent autour de l’exclusion, de l’hygiène, de l’aménagement extérieur, du monitoring et d’un recours chimique mesuré. Pour situer ces actions, vous pouvez approfondir les protocoles et les réglementations applicables, ainsi que les bases de la lutte anti‑nuisibles IPM.

  • Exclusion physique : colmatez les pénétrations avec mastics coupe-feu, posez des grilles inox (maille ≤ 6 mm) sur aérations, installez des balais de bas de portes, remplacez mousses dégradées par laine d’acier inox et joints durables.
  • Hygiène et organisation : interdisez la nourriture en salles techniques, vidangez/assainissez les bacs à condensats, rangez les cartons, mettez en place une rotation stricte des déchets et une politique de « zones propres ».
  • Aménagements extérieurs : tondez et éclaircissez au pied des bâtiments, sécurisez les locaux GE, protégez les prises d’air (filets, pics, grilles) sans dégrader les débits CVC.
  • Monitoring instrumenté : pièges mécaniques connectés, capteurs de passage, caméras IR discrètes, plaques de détection avec relevés horodatés ; déclenchez une réponse minimale, ciblée et mesurable. Pour le lien avec audits IFS/BRCGS, voir monitoring et audits IFS/BRC.
  • Biocides avec discernement : si nécessaire, respectez le Règlement (UE) 528/2012, la stewardship des rodenticides et les notices. Privilégiez des campagnes courtes et contrôlées, avec appâts sécurisés et traçabilité complète ; alignez enfin votre contrat de sanitation pour cadrer les rôles et preuves.

Sur le plan référentiel, alignez la méthode avec EN 50600 (infrastructures de centres de données) et ISO/IEC 27001 (sécurité physique et environnementale, annexe A.11), en cohérence avec vos politiques HSE.

Intervenir sans interruption : comment s’organiser ?

Intégrez la lutte anti‑nuisibles au cycle d’exploitation, comme tout changement d’infrastructure. Le cadre ci‑dessous aide à orchestrer accès, créneaux et traçabilité, sans perturber la production.

  • Fenêtres de maintenance : planifiez les actions intrusives (ouverture de faux planchers, pose de capteurs, nettoyages) dans des créneaux validés par l’exploitation/NOC, avec procédure de retour arrière.
  • Contrôles d’accès : badges, accompagnement, consignation des zones, EPI adaptés et respect strict des contraintes électriques et incendie.
  • Méthodes « low impact » : privilégiez pièges mécaniques et monitoring passif en production ; réservez les curatifs lourds aux créneaux convenus.
  • Traçabilité : consignez constats, photos, positions des dispositifs, consommations et résultats, horodatés et versionnés ; intégrez‑les à votre système de tickets.

Quels indicateurs suivre pour piloter le risque ?

Choisissez des indicateurs simples, stables et corrélés à la disponibilité ; suivez l’activité biologique, l’intégrité des barrières, les impacts CVC et la sobriété biocide afin d’ajuster rapidement vos actions.

  • Taux d’activité par zone (captures, passages, indices : crottes, poils, ailes).
  • Délai de détection (MTTD) et Délai de remédiation (MTTR) par type de nuisible.
  • Intégrité des barrières : pourcentage de pénétrations colmatées, état des joints/grillages.
  • Disponibilité CVC : différentiels de pression, colmatage de filtres, incidents corrélés à une présence animale.
  • Tendance d’usage de biocides : objectif de réduction, substitution par mécanique/monitoring.

Checklist express à adapter à votre site

Pour structurer un programme pragmatique et mesurable, démarrez avec cette base puis personnalisez‑la (architecture, redondances, HSE, exigences clients) ; pensez à relier vos preuves aux référentiels internes déjà en place.

  • Cartographier points d’entrée, zones humides et niches techniques.
  • Mettre à jour plans coupe‑feu et vérification des scellements de câbles.
  • Installer un monitoring non intrusif dans les faux planchers.
  • Définir des seuils d’alerte et une matrice décisionnelle (alerte, action, escalade).
  • Vérifier la conformité biocides et la gestion des appâts sécurisés.
  • Former les équipes (indices, propreté, signalement des anomalies).
  • Auditer trimestriellement l’étanchéité du bâtiment et les abords.

Comparatif des approches de contrôle

Chaque approche a un rôle selon la phase (prévention, détection, curatif) et la sensibilité des zones. Le tableau facilite un choix proportionné, compatible 24/7 et avec les exigences sécurité/qualité.

APPROCHE POINTS FORTS LIMITES QUAND L’UTILISER
Exclusion (colmatage, grillage, portes) Durable, sans toxiques, compatible 24/7 Travaux initiaux, coordination coupe‑feu En priorité, dès la conception et en maintenance
Monitoring connecté Détection rapide, traçabilité, moins d’interventions Dépend d’une énergie/réseau, coût initial Zones sensibles, faux planchers, salles batteries
Pièges mécaniques Ciblé, sans substances chimiques, résultats immédiats Nécessite inspection et maintenance Traitements de précision en production
Biocides (rodenticides/insecticides) Efficaces en phase curative, levier en infestation Réglementés, risques collatéraux, gestion des résidus En dernier recours, campagnes courtes et traçables
Réduction des attractifs Élimine la cause, peu coûteux Discipline quotidienne, coordination multi‑métiers Toujours, dans et autour du bâtiment

FAQ

Pour compléter cet article, voici des questions récurrentes qui guident les échanges entre responsables d’exploitation, sécurité, HSE et prestataires spécialisés ; elles aident à cadrer les priorités et les preuves attendues.

  • Quels nuisibles sont les plus fréquents en data center et comment varient-ils selon les saisons ?
  • Comment détecter précocement une activité de rongeurs sans perturber la production 24/7 ?
  • Les ultrasons et autres répulsifs électroniques sont-ils efficaces à long terme ?
  • Quelles zones techniques sont prioritaires lors d’un audit IPM initial ?
  • Comment concilier exigences coupe-feu et colmatage anti-nuisibles aux passages de câbles ?
  • Quelles métriques suivre (MTTD, MTTR, taux d’activité) et à quelle fréquence de revue ?
  • Quels risques de non-conformité avec le règlement biocides (UE 528/2012) en site critique ?
  • Comment intégrer le monitoring nuisibles au DCIM et au système de tickets d’exploitation ?
  • Quelle politique d’appâtage sécurisée adopter autour des faux planchers et baies ?
  • Quelles clauses inclure dans un contrat de sanitation spécifique aux data centers ?

Tendances et perspectives

Plusieurs tendances se confirment. D’abord, l’instrumentation (capteurs, pièges connectés, analyse d’images) qui réduit les déplacements et fournit des preuves de présence/absence. Ensuite, l’intégration au Facility/DCIM : les événements « nuisibles » se corrèlent aux KPI de refroidissement et d’énergie. Enfin, la conformité se renforce autour de l’EN 16636, du règlement biocides (UE 528/2012) et des cadres data center (EN 50600, ISO/IEC 27001) qui exigent une approche documentée et mesurable. Pour un regard « disponibilité » data center, voir l’Uptime Institute ; pour les bonnes pratiques CVC/IT, les publications de l’ASHRAE TC 9.9 ; pour l’usage raisonné des rodenticides, les recommandations de l’ANSES.

Références utiles pour approfondir

Ces lectures structurent l’action et facilitent l’auditabilité ; combinez‑les avec vos politiques internes pour un dispositif « audit‑ready » et proportionné.

  • EN 16636 – Services de gestion des nuisibles (cadre IPM et exigences de service).
  • Règlement (UE) n° 528/2012 – Produits biocides (stewardship, autorisations, étiquetage).
  • EN 50600 – Conception et exploitation des centres de données (environnement physique).
  • ISO/IEC 27001 – Sécurité de l’information (annexe A.11, sécurité physique et environnementale).
  • ISO 22301 – Continuité d’activité (gouvernance des risques et plans de réponse).
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Envie d’aller plus loin ? Explorez nos pages « Protocoles », « Réglementations », « Lutte anti‑nuisibles », ou le focus « Monitoring et audits IFS/BRC ». Vous pouvez aussi cadrer la gouvernance via un contrat de sanitation et revenir vers nous avec vos questions, cas d’usage ou retours d’expérience pour nourrir de futurs contenus.

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